Lettre à l'Algérie et à son président


André Savelli, né en 1927. Professeur Agrégé au Val de Grâce. Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre National du Mérite.

Extraits de la lettre ouverte de André Savelli (lien en fin d’article) :

En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée, en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles.

De la Libye au Maroc, point d’Algérie ; c’était le Maghreb. Les populations d’origine phénicienne, berbère et romaine étaient, avant le 8e siècle, en grande partie chrétiennes. Ces régions agricoles étaient prospères.

Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient ont envahi le Maghreb et converti de force, par l’épée, toutes ces populations à l’islam ? « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (coran, s2, 186-7).

Après quelques siècles de domination arabo-islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano-berbère si riche. Que des ruines.

Faut-il oublier que les Turcs ont envahi le Maghreb pendant 3 siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi-esclavage, les laissant se battre entre elles, prélevant la dîme, sans rien construire.

Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants.

Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres, et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains.

Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.

Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait près de 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région, où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.

Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme.

Faut-il oublier qu’à l’inverse du massacre arménien par les Turcs et du massacre romano-berbère par les Arabes, la France a soigné toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à 10 millions en 1962.

Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère et des autres dialectes, a respecté la religion, ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour n’être point tués.

Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des injustices, une population à la démographie galopante, en bonne santé, une agriculture riche, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux, une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie .

Faut-il oublier que les colons français ont asséché les marécages de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.

Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, devenir des habitants de seconde zone, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés.

Faut-il oublier qu’en 1962, 75.000 Harkis furent sauvagement assassinés et des milliers d’européens tués ou disparus ? Qu’il y eut plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie.

La France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su forger, grâce au travail de toutes les populations. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demande de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter. Comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?